Quand on se regarde dans un miroir de Daniel Mourre http://www.galeriedanielmourre.com/, on réfléchit : l'art est une grande affaire qui pose les vraies questions. Que dire de ces glaces aux parures ouvragées comme des écrins ? Avec de telles oeuvres, le cadre vaut le contenu, l'essentiel étant moins le reflet que l'ornement. Ici le cadre est objet d'art à part entière : c'est lui que l'on contemple. On admirera les sculptures élégantes et voluptueuses qui confèrent aux objets un certain académisme. Narcisse en oublierait son propre éclat.
Fenêtres ouvertes sur bien des perspectives, les miroirs de Daniel Mourre nous interrogent sur la place de notre image lorsque celle-ci se combine à l'art. Rôle secondaire ou prolongement insaisissable de l'oeuvre ? Objet central du cadre ou accessoire superflu ? La question mérite au moins d'être posée. Quoi qu'il en soit, l'effet est saisissant.
Le reflet est fuyant, l'art persiste. Les oeuvres de Daniel Mourre valent que l'on y regarde de près. De tout près. Éternels jeux de miroirs où le spectateur se pâme sans jamais se perdre de vue...
dimanche 20 mai 2007
723 - Le germe divin
Le sujet est aussi vieux que le monde, vaste comme le ciel et la terre, abyssal, sombre, tragique et agité à l'image des océans, mystérieux, serein et solennel -voire extatique-, ainsi que la voûte étoilée, tout cela à la fois puisqu'il s'agit de l'univers intime qui gronde dans le coeur de l'homme, quand il ne murmure pas pour faire place à un chant, une prière, un rire d'enfant... Aldéhy http://www.artabus.com/french/aldehy/?art=2007 peint l'humanité entière. Mieux : il raconte l'histoire de chacun d'entre nous. Adam et Ève, c'est vous, c'est moi, c'est l'autre. Ses tableaux sont nos miroirs : ils affirment notre condition humaine, de la naissance à la mort.
Au fil de l'eau, omniprésente dans les tableaux, la quête du couple originel n'a pas de fin. Étape par étape, tantôt radieuse, tantôt méditative, Adam et Ève ouvrent la route à leur descendance. Aldéhy, à travers des sortes "d'interludes" -ou instantanées-, nous suggère l'éternel cheminement de l'homme dans sa marche vers son destin, que l'on devine certes pénible mais non funeste : rien de désespérant, en effet, sous le pinceau de l'artiste. Si parfois chez Aldéhy la lumière côtoie l'ombre, la première prend largement le pas sur la seconde. L'éclat de ses peintures, procédant à l'évidence d'autre chose que la simple virtuosité de coloriste, semble remonter des profondeurs de son âme.
Ses personnages évoluent dans un espace physique, onirique et poétique où l'eau rythme leur progression. Le chemin, interminable, âpre mais rédempteur, durera aussi longtemps que l'humanité sera debout. Le monde en plein essor où sont condamnés à vivre Adam, Ève, Abel et Caïn n'est-il pas l'écho vif, bruissant et tempétueux, mais aussi calme et radieux de leur nouveau destin d'hommes où tout commence, tout se joue ? Ses tableaux sont des aires de repos où l'on s'attarde sur l'homme -figé dans des scènes immortelles- pour mieux le contempler dans ses attitudes fondamentales, de la gravité à la légèreté en passant par des nuances plus tranquilles.
L'on s'émeut devant des paysages de genèse du monde où Abel et Caïn, ingénus, si fragiles et si grands à la fois -eux les petits d'hommes-, arborent ces visages presque connus avec leurs traits qui nous sont si proches... Ces tableaux s'adressent à nous-mêmes, collectivement mais aussi individuellement. Ils s'adressent à notre époque. Universels, intemporels, les visages, les éléments demeurent par conséquent interchangeables. C'est que le peintre, en effet, prenant modèle sur ses propres enfants, produit un raccourci fulgurant : en peignant ces visages actuels, il échappe aux contraintes conventionnelles, s'ouvrant à nous tous sans restriction. Sa peinture va bien au-delà des simples limites esthétiques du genre : l'auteur s'affranchit des grandeurs académiques pour se mettre à notre portée. Et c'est bien pour cela précisément que son oeuvre nous touche. Elle parle, simplement, non pas de pontife à disciple mais de mortel à mortel.
C'est toute l'originalité, mais surtout l'humanité de l'oeuvre d'Aldéhy.
Au fil de l'eau, omniprésente dans les tableaux, la quête du couple originel n'a pas de fin. Étape par étape, tantôt radieuse, tantôt méditative, Adam et Ève ouvrent la route à leur descendance. Aldéhy, à travers des sortes "d'interludes" -ou instantanées-, nous suggère l'éternel cheminement de l'homme dans sa marche vers son destin, que l'on devine certes pénible mais non funeste : rien de désespérant, en effet, sous le pinceau de l'artiste. Si parfois chez Aldéhy la lumière côtoie l'ombre, la première prend largement le pas sur la seconde. L'éclat de ses peintures, procédant à l'évidence d'autre chose que la simple virtuosité de coloriste, semble remonter des profondeurs de son âme.
Ses personnages évoluent dans un espace physique, onirique et poétique où l'eau rythme leur progression. Le chemin, interminable, âpre mais rédempteur, durera aussi longtemps que l'humanité sera debout. Le monde en plein essor où sont condamnés à vivre Adam, Ève, Abel et Caïn n'est-il pas l'écho vif, bruissant et tempétueux, mais aussi calme et radieux de leur nouveau destin d'hommes où tout commence, tout se joue ? Ses tableaux sont des aires de repos où l'on s'attarde sur l'homme -figé dans des scènes immortelles- pour mieux le contempler dans ses attitudes fondamentales, de la gravité à la légèreté en passant par des nuances plus tranquilles.
L'on s'émeut devant des paysages de genèse du monde où Abel et Caïn, ingénus, si fragiles et si grands à la fois -eux les petits d'hommes-, arborent ces visages presque connus avec leurs traits qui nous sont si proches... Ces tableaux s'adressent à nous-mêmes, collectivement mais aussi individuellement. Ils s'adressent à notre époque. Universels, intemporels, les visages, les éléments demeurent par conséquent interchangeables. C'est que le peintre, en effet, prenant modèle sur ses propres enfants, produit un raccourci fulgurant : en peignant ces visages actuels, il échappe aux contraintes conventionnelles, s'ouvrant à nous tous sans restriction. Sa peinture va bien au-delà des simples limites esthétiques du genre : l'auteur s'affranchit des grandeurs académiques pour se mettre à notre portée. Et c'est bien pour cela précisément que son oeuvre nous touche. Elle parle, simplement, non pas de pontife à disciple mais de mortel à mortel.
C'est toute l'originalité, mais surtout l'humanité de l'oeuvre d'Aldéhy.
722 - Un trait de lucidité
Je viens d'avoir un éclair de lucidité.
En passant dans la rue en voiture tantôt, je vois un clochard dormir sous un abri-bus. Un vrai clochard à l'ancienne : barbu, puant, alcoolisé, en guenilles. Plus loin je passe devant l'église du quartier du Pré, petite enclave bourgeoise dans la ville mancelle. Dans cette église plutôt huppée (mobilier soigneusement encaustiqué et oeuvres d'arts de prix accrochées aux murs) se réunit chaque dimanche la chrétienté locale.
Subitement me vient une pensée d'une simplicité confondante, éclatante de bon sens : comment le curé d'une paroisse aussi rutilante peut-il continuer à s'occuper à astiquer le mobilier de son église quand dehors à deux pas de chez lui son frère se gèle les pieds à dormir sous un abri-bus, imbibé d'alcool, désespéré, méprisé de tous ? La religion me dis-je, est-ce donc d'abord une affaire de messes le dimanche, d'entretien du mobilier des églises, ou bien est-ce quand il le faut une affaire d'hommes, de fraternité vécue, concrète, une affaire de rencontre avec le miséreux du coin, et sans prendre de gants ?
Je ne suis pas allé plus loin dans ma réflexion. Je me suis simplement arrêté à l'évidence. Volontairement.
A présent je commence à douter de la valeur des vocations de certains prêtres à cheval sur la qualité des plis de leur soutane, à douter de la pureté des intentions de l'Église officielle pleine de faste... Je me trompe peut-être cela dit, n'étant pas dans le secret des coeurs. Je ne fais qu'interpréter à ma manière une chose vue. Si la religion, les religieux et le sommet des églises qui tous, humains et cloches, prêchent la fraternité et la justice en ce monde ne font que s'organiser entre eux chaque dimanche de jolies messes avec de beaux chants et de rondes hosties, dédaignant cet homme dans la rue, alors à quoi servent les curés, les fidèles, bref tous ces croyants qui prônent un monde meilleur plein d'altruisme ? Je me pencherai donc sur le sort de cet homme en guenilles la prochaine fois que je passerai près de lui, si la honte du regard des autres ne me rend pas lâche. Et je serai à pied, donc à sa hauteur. Et non en voiture (la voiture est bien commode, elle permet de déculpabiliser les consciences). Non pas au nom de la religion mais au nom de la loi universelle et inaliénable décrétée par le coeur, aucune religion n'ayant le monopole de la fraternité.
D'où j'en conclus que la vraie religion des hommes de coeur, ceux qui ont une âme vibrante et non gelée, ne consiste pas en l'érection de belles églises ni en la régularité de la fréquentation des messes dominicales, mais dans le fait d'aller à la rencontre de ce déshérité qui souffre, et ceci bien entendu non pour la vanité de son petit ego mais pour l'amour de l'humanité.
L'élévation de l'esprit passe, que je sache, par la considération de son semblable dans sa souffrance. Chanter les hauteurs célestes tout en considérant comme secondaire la détresse de son voisin n'a pas de sens. En ce cas l'élévation n'a pas d'ancrage dans le concret. Elle n'est que pure théorie pour religieux frileux, humanisme de salon, légèreté mystique, voire franche foutaise. L'indifférence à l'égard du sort de son prochain est incompatible avec le désir d'ivresse de l'âme. L'on ne peut dignement s'enivrer, à mon sens, que de hauteurs basées sur le sol tangible de nos terrestres misères. S'élancer dans les airs oui, à condition de prendre appui sur la terre de nos réalités, c'est à dire sur des actes constructifs, humanistes et non sur d'inconsistantes, stériles rêveries sans rapport avec le monde réel qui nous entoure. Du moins la vue de ce déshérité dormant sous l'abri-bus m'a-t-elle fait intimement prendre conscience de la chose aujourd'hui.
On peut certes fonder une société et baser une culture sur des oeuvres tangibles et durables tels des cathédrales, des châteaux, des pyramides, mais on peut tout aussi bien baser des sociétés, des cultures sur l'immatériel, l'esprit, l'acte altruiste et non l'objet stérile. L'Art, la culture, l'Histoire ont bon dos pour excuser les injustices millénaires, comme si la pierre était indispensable à la hauteur, la permanence de notre pensée... Je ne crois pas au prétexte de la grandeur d'une société basée sur ses monuments ou oeuvres d'art. N'existe-t-il pas des cultures sans écriture exclusivement basées sur l'oral ? Ce sont pourtant des cultures à part entière, ni plus ni moins éclatantes que les autres.
Je ne dis pas que les églises de pierres sont vaines, je dis que les églises sans le coeur, cela ne vaut rien.
En passant dans la rue en voiture tantôt, je vois un clochard dormir sous un abri-bus. Un vrai clochard à l'ancienne : barbu, puant, alcoolisé, en guenilles. Plus loin je passe devant l'église du quartier du Pré, petite enclave bourgeoise dans la ville mancelle. Dans cette église plutôt huppée (mobilier soigneusement encaustiqué et oeuvres d'arts de prix accrochées aux murs) se réunit chaque dimanche la chrétienté locale.
Subitement me vient une pensée d'une simplicité confondante, éclatante de bon sens : comment le curé d'une paroisse aussi rutilante peut-il continuer à s'occuper à astiquer le mobilier de son église quand dehors à deux pas de chez lui son frère se gèle les pieds à dormir sous un abri-bus, imbibé d'alcool, désespéré, méprisé de tous ? La religion me dis-je, est-ce donc d'abord une affaire de messes le dimanche, d'entretien du mobilier des églises, ou bien est-ce quand il le faut une affaire d'hommes, de fraternité vécue, concrète, une affaire de rencontre avec le miséreux du coin, et sans prendre de gants ?
Je ne suis pas allé plus loin dans ma réflexion. Je me suis simplement arrêté à l'évidence. Volontairement.
A présent je commence à douter de la valeur des vocations de certains prêtres à cheval sur la qualité des plis de leur soutane, à douter de la pureté des intentions de l'Église officielle pleine de faste... Je me trompe peut-être cela dit, n'étant pas dans le secret des coeurs. Je ne fais qu'interpréter à ma manière une chose vue. Si la religion, les religieux et le sommet des églises qui tous, humains et cloches, prêchent la fraternité et la justice en ce monde ne font que s'organiser entre eux chaque dimanche de jolies messes avec de beaux chants et de rondes hosties, dédaignant cet homme dans la rue, alors à quoi servent les curés, les fidèles, bref tous ces croyants qui prônent un monde meilleur plein d'altruisme ? Je me pencherai donc sur le sort de cet homme en guenilles la prochaine fois que je passerai près de lui, si la honte du regard des autres ne me rend pas lâche. Et je serai à pied, donc à sa hauteur. Et non en voiture (la voiture est bien commode, elle permet de déculpabiliser les consciences). Non pas au nom de la religion mais au nom de la loi universelle et inaliénable décrétée par le coeur, aucune religion n'ayant le monopole de la fraternité.
D'où j'en conclus que la vraie religion des hommes de coeur, ceux qui ont une âme vibrante et non gelée, ne consiste pas en l'érection de belles églises ni en la régularité de la fréquentation des messes dominicales, mais dans le fait d'aller à la rencontre de ce déshérité qui souffre, et ceci bien entendu non pour la vanité de son petit ego mais pour l'amour de l'humanité.
L'élévation de l'esprit passe, que je sache, par la considération de son semblable dans sa souffrance. Chanter les hauteurs célestes tout en considérant comme secondaire la détresse de son voisin n'a pas de sens. En ce cas l'élévation n'a pas d'ancrage dans le concret. Elle n'est que pure théorie pour religieux frileux, humanisme de salon, légèreté mystique, voire franche foutaise. L'indifférence à l'égard du sort de son prochain est incompatible avec le désir d'ivresse de l'âme. L'on ne peut dignement s'enivrer, à mon sens, que de hauteurs basées sur le sol tangible de nos terrestres misères. S'élancer dans les airs oui, à condition de prendre appui sur la terre de nos réalités, c'est à dire sur des actes constructifs, humanistes et non sur d'inconsistantes, stériles rêveries sans rapport avec le monde réel qui nous entoure. Du moins la vue de ce déshérité dormant sous l'abri-bus m'a-t-elle fait intimement prendre conscience de la chose aujourd'hui.
On peut certes fonder une société et baser une culture sur des oeuvres tangibles et durables tels des cathédrales, des châteaux, des pyramides, mais on peut tout aussi bien baser des sociétés, des cultures sur l'immatériel, l'esprit, l'acte altruiste et non l'objet stérile. L'Art, la culture, l'Histoire ont bon dos pour excuser les injustices millénaires, comme si la pierre était indispensable à la hauteur, la permanence de notre pensée... Je ne crois pas au prétexte de la grandeur d'une société basée sur ses monuments ou oeuvres d'art. N'existe-t-il pas des cultures sans écriture exclusivement basées sur l'oral ? Ce sont pourtant des cultures à part entière, ni plus ni moins éclatantes que les autres.
Je ne dis pas que les églises de pierres sont vaines, je dis que les églises sans le coeur, cela ne vaut rien.
720 - Souffrir pour être laide
Jennifer est un produit.
Dix-huit ans, jolie, vulgaire, sotte, inculte, elle a décidé de s'épiler, devenir blonde, se faire réduire le volume mammaire, remodeler les pommettes et gonfler les lèvres.
Banal.
Après six mois de travaux forcés mais nécessaires sur son corps juvénile et sa face de "dindonnette" caquetante, Jennifer est enfin devenue comme elle le souhaitait, c'est-à-dire uniforme, incolore, aseptisée, insipide, "poulaillère".
Bref, sans intérêt. Cela dit sa cervelle n'a pas bougé.
Jennifer est très fière : elle a accédé à une forme contemporaine de laideur populaire, certes démocratique mais qui n'est pas pour autant à la portée de toutes les finances...
Depuis ses multiples passages sous le scalpel de son "artisan esthéticien" et après s'être durablement endettée, Jennifer est donc devenue blonde, moche, maigre, malade.
Mais heureuse.
D'autant plus heureuse que son bonheur est contrefait lui aussi, dans les règles de l'art...
Enfin presque heureuse... En effet, il ne lui reste plus qu'à se faire sculpter les fesses en forme de coeur retourné et que sur ce nouveau cul charcuté son string soit bien visible derrière son jean-taille-basse afin de ressembler encore plus à sa chanteuse préférée du moment pour que son bonheur soit vraiment parfait.
Dix-huit ans, jolie, vulgaire, sotte, inculte, elle a décidé de s'épiler, devenir blonde, se faire réduire le volume mammaire, remodeler les pommettes et gonfler les lèvres.
Banal.
Après six mois de travaux forcés mais nécessaires sur son corps juvénile et sa face de "dindonnette" caquetante, Jennifer est enfin devenue comme elle le souhaitait, c'est-à-dire uniforme, incolore, aseptisée, insipide, "poulaillère".
Bref, sans intérêt. Cela dit sa cervelle n'a pas bougé.
Jennifer est très fière : elle a accédé à une forme contemporaine de laideur populaire, certes démocratique mais qui n'est pas pour autant à la portée de toutes les finances...
Depuis ses multiples passages sous le scalpel de son "artisan esthéticien" et après s'être durablement endettée, Jennifer est donc devenue blonde, moche, maigre, malade.
Mais heureuse.
D'autant plus heureuse que son bonheur est contrefait lui aussi, dans les règles de l'art...
Enfin presque heureuse... En effet, il ne lui reste plus qu'à se faire sculpter les fesses en forme de coeur retourné et que sur ce nouveau cul charcuté son string soit bien visible derrière son jean-taille-basse afin de ressembler encore plus à sa chanteuse préférée du moment pour que son bonheur soit vraiment parfait.
721 - Leçon de séduction
LES BELLES ET LES LAIDES
Amis blancs gantés, apprenez qu'une femme désirable est la première ennemie de l'esthète en tant qu'elle représente un danger pour sa crédibilité. Ce qui fait la grandeur du bel esprit, c'est que les femelles beautés s'inclinent devant lui et non l'inverse. La beauté des femmes leur confère un pouvoir immense, jusque dans les chapeaux de nos empereurs, aussi faut-il dès le premier regard contrer cette supériorité naturelle qui les rend si invincibles et je vais m'employer à vous expliquer la manière de procéder dans ce difficile exercice de domination. J'évoquerai brièvement le cas des laides, beaucoup moins fâcheux.
Ne flattez jamais la beauté d'une femme. Même pauvre, sotte, méchante, sans éducation, une femme qui se sait belle triomphera de tout. Partout, toujours. La plus grande force d'une femme consistant dans son éclat, la meilleure façon de rester le dominant est encore de le lui contester. Tout en finesse.
Plus la femme que vous désirez sera belle, moins il faudra vous intéresser à elle. Le prix de son hymen étant très élevé, vous agirez avec dissimulation, patience, perfidie, voire franche cruauté. Ne craignez pas d'être odieux avec les femmes de grande beauté. Accoutumées à exercer leurs charmes venimeux sur la gent masculine, les créatures sont loin d'ignorer les rouages de la férocité... Dans cette situation inédite, c'est contre elles que s'aiguiseront les crocs de la séduction et vous qui tirerez les fils du pantin.
Les belles femmes n'ayant pas l'habitude d'être traitées avec dédain, surprenez-les ! Sur vous elles lèveront les yeux. L'indifférence pour une belle femme étant la pire des offenses, vous en abuserez jusqu'à ce que, excédée par votre mépris, elle vienne vous manger dans la main. Dès cet instant vous deviendrez le maître du jeu : elle la mouche, vous le lion.
Le secret de votre succès ? Les belles femmes, nécessairement orgueilleuses, ne supportent pas de ne pas séduire... C'est sur ce point sensible qu'il faut influer. A votre injurieuse indifférence, elles réagiront avec une sorte de panache suicidaire en se jetant à vos pieds, folles non pas de vous mais de leur propre image.
La beauté et ses poisons constituant leur mode d'action et de pensée privilégié (le fonctionnement psychologique de ces femmes étant essentiellement basé sur l'aspect avantageux de leur personne), osez remettre en cause leurs plus chères certitudes. Elles s'en émouvront, bien qu'elles feindront ne point en être touchées.
La grande règle avec les belles femmes, c'est de ne jamais ramper à leurs pieds. Succomber à cette faiblesse, c'est déchoir de son statut de seigneur.
Quant aux laides, vous leur ferez croire qu'elles sont belles. Ces jouets de chiffon, beaucoup plus malléables il est vrai que les poupées mondaines, ne vous en seront que plus dévouées. Toutefois soyez subtils si vous voulez qu'on vous croie : ornements de langage (sans en abuser), savantes amabilités et charmants détours seront vos meilleurs alliés lors de ces piètres conquêtes.
Bien entendu votre ton sera posé, sage, voire grave. Solennel même (votre pompe ne sera jamais ridicule aux yeux d'une femme laide, au contraire). Et vos mots, choisis mais non excessifs, parleront de choses vraies, à portée de vue. Ne soyez ni légers ni irréalistes avec les laides. Les femmes sans charme affectionnent plus que tout autres les séducteurs rassurants, les discours proches. Avec des artifices somptueux vous ferez rêver une créature, mais avec des leurres simples vous mettrez un laideron en extase.
Jamais un laideron ne méprisera un flatteur, pourvu qu'il sache simuler les accents chastes de la sincérité. Une femme même très laide restera toujours une femme : sensible aux mots veloutés de l'amour. Elle sera éveillée, attentionnée, séduite par vos mots sucrés, surtout s'ils sont banals et attendus : le tout est de porter un masque de grande sincérité. Renforcez ainsi le sol de son propre terrain, son éducation fera le reste : conditionnée comme toutes les femmes par certains schémas mentaux primaires mais efficaces, la femme laide y cèdera plus facilement que les autres, n'ayant pas de plus impérieuse exigence que de se sentir aimée.
Ainsi aucun cheveu de femme ne doit dépasser le front de l'authentique esthète. Cela dit, seules les belles femmes resteront les vraies adversaires de la canne et du chapeau. Les sujets plus communs, voire les vrais laiderons, auront droit à l'indulgence du bel esprit qui daignera leur cracher à la face non pour l'honneur mais pour la forme.
Amis blancs gantés, apprenez qu'une femme désirable est la première ennemie de l'esthète en tant qu'elle représente un danger pour sa crédibilité. Ce qui fait la grandeur du bel esprit, c'est que les femelles beautés s'inclinent devant lui et non l'inverse. La beauté des femmes leur confère un pouvoir immense, jusque dans les chapeaux de nos empereurs, aussi faut-il dès le premier regard contrer cette supériorité naturelle qui les rend si invincibles et je vais m'employer à vous expliquer la manière de procéder dans ce difficile exercice de domination. J'évoquerai brièvement le cas des laides, beaucoup moins fâcheux.
Ne flattez jamais la beauté d'une femme. Même pauvre, sotte, méchante, sans éducation, une femme qui se sait belle triomphera de tout. Partout, toujours. La plus grande force d'une femme consistant dans son éclat, la meilleure façon de rester le dominant est encore de le lui contester. Tout en finesse.
Plus la femme que vous désirez sera belle, moins il faudra vous intéresser à elle. Le prix de son hymen étant très élevé, vous agirez avec dissimulation, patience, perfidie, voire franche cruauté. Ne craignez pas d'être odieux avec les femmes de grande beauté. Accoutumées à exercer leurs charmes venimeux sur la gent masculine, les créatures sont loin d'ignorer les rouages de la férocité... Dans cette situation inédite, c'est contre elles que s'aiguiseront les crocs de la séduction et vous qui tirerez les fils du pantin.
Les belles femmes n'ayant pas l'habitude d'être traitées avec dédain, surprenez-les ! Sur vous elles lèveront les yeux. L'indifférence pour une belle femme étant la pire des offenses, vous en abuserez jusqu'à ce que, excédée par votre mépris, elle vienne vous manger dans la main. Dès cet instant vous deviendrez le maître du jeu : elle la mouche, vous le lion.
Le secret de votre succès ? Les belles femmes, nécessairement orgueilleuses, ne supportent pas de ne pas séduire... C'est sur ce point sensible qu'il faut influer. A votre injurieuse indifférence, elles réagiront avec une sorte de panache suicidaire en se jetant à vos pieds, folles non pas de vous mais de leur propre image.
La beauté et ses poisons constituant leur mode d'action et de pensée privilégié (le fonctionnement psychologique de ces femmes étant essentiellement basé sur l'aspect avantageux de leur personne), osez remettre en cause leurs plus chères certitudes. Elles s'en émouvront, bien qu'elles feindront ne point en être touchées.
La grande règle avec les belles femmes, c'est de ne jamais ramper à leurs pieds. Succomber à cette faiblesse, c'est déchoir de son statut de seigneur.
Quant aux laides, vous leur ferez croire qu'elles sont belles. Ces jouets de chiffon, beaucoup plus malléables il est vrai que les poupées mondaines, ne vous en seront que plus dévouées. Toutefois soyez subtils si vous voulez qu'on vous croie : ornements de langage (sans en abuser), savantes amabilités et charmants détours seront vos meilleurs alliés lors de ces piètres conquêtes.
Bien entendu votre ton sera posé, sage, voire grave. Solennel même (votre pompe ne sera jamais ridicule aux yeux d'une femme laide, au contraire). Et vos mots, choisis mais non excessifs, parleront de choses vraies, à portée de vue. Ne soyez ni légers ni irréalistes avec les laides. Les femmes sans charme affectionnent plus que tout autres les séducteurs rassurants, les discours proches. Avec des artifices somptueux vous ferez rêver une créature, mais avec des leurres simples vous mettrez un laideron en extase.
Jamais un laideron ne méprisera un flatteur, pourvu qu'il sache simuler les accents chastes de la sincérité. Une femme même très laide restera toujours une femme : sensible aux mots veloutés de l'amour. Elle sera éveillée, attentionnée, séduite par vos mots sucrés, surtout s'ils sont banals et attendus : le tout est de porter un masque de grande sincérité. Renforcez ainsi le sol de son propre terrain, son éducation fera le reste : conditionnée comme toutes les femmes par certains schémas mentaux primaires mais efficaces, la femme laide y cèdera plus facilement que les autres, n'ayant pas de plus impérieuse exigence que de se sentir aimée.
Ainsi aucun cheveu de femme ne doit dépasser le front de l'authentique esthète. Cela dit, seules les belles femmes resteront les vraies adversaires de la canne et du chapeau. Les sujets plus communs, voire les vrais laiderons, auront droit à l'indulgence du bel esprit qui daignera leur cracher à la face non pour l'honneur mais pour la forme.
718 - Les nuisances de la publicité
La publicité est un déchet culturel hautement nocif.
Les publicitaires en mettant en scène leurs produits vous font croire que vous êtes tous des héros, de braves gens ou de beaux esprits alors qu'en réalité vous êtes tous des minables, des lâches, des crétins finis.
Ils vous montrent la vie et le monde selon des critères flatteurs, mensongers, outranciers, dans le seul but de leur mise en vente. Ils vous assurent, images et discours percutants à l'appui, que vous êtes des hommes dignes de ce nom. Mais moi je sais bien que vous n'êtes que des chiens. De misérables toutous même pas méchants : juste mis sous les somnifères de la pensée que vous avez vous-mêmes achetés. Et au prix fort encore.
Vous ne bronchez pas quand on viole votre cerveau à grands coups de matraques télévisuelles, radiophoniques. Les maquereaux de la pensée parviennent même à vous faire rire. Manière habile de vous rallier à leur cause.
La publicité, par son caractère trivial, populaire, faussement artistique heurte ma sensibilité d'aristocrate en particulier, offense le goût en général par son aspect clinquant, par ses artifices vulgaires, par ses éclats mensonger, ses bassesses de vue, de forme et de fond. Elle est une atteinte parfaite à la Beauté.
Mon rôle est de dénoncer l'abrutissement ambiant, de détourner les humains-bovins de leurs passions vulgaires, ineptes, de leur désigner des sommets et non des insignifiances.
J'ai pour la publicité un mépris définitif. Si c'est un art, alors c'est l'art de vendre du vent, l'art de tisser le mensonge, l'art de faire rêver les moutons afin de les faire mieux bêler. Il n'y a aucun rapport entre l'Art et la publicité, deux choses résolument incompatibles. L'esthète ne peut éprouver que mépris pour la publicité, oeuvre béotienne par définition.
Je ne fais qu'enfoncer des portes ouvertes ici. Il est bon cependant de rappeler la nocivité de la publicité, expression la plus achevée de la vulgarité, de l'ineptie, de l'abrutissement de masse que certains esprits contaminés par les médias assimilent à l'Art.
Les publicitaires en mettant en scène leurs produits vous font croire que vous êtes tous des héros, de braves gens ou de beaux esprits alors qu'en réalité vous êtes tous des minables, des lâches, des crétins finis.
Ils vous montrent la vie et le monde selon des critères flatteurs, mensongers, outranciers, dans le seul but de leur mise en vente. Ils vous assurent, images et discours percutants à l'appui, que vous êtes des hommes dignes de ce nom. Mais moi je sais bien que vous n'êtes que des chiens. De misérables toutous même pas méchants : juste mis sous les somnifères de la pensée que vous avez vous-mêmes achetés. Et au prix fort encore.
Vous ne bronchez pas quand on viole votre cerveau à grands coups de matraques télévisuelles, radiophoniques. Les maquereaux de la pensée parviennent même à vous faire rire. Manière habile de vous rallier à leur cause.
La publicité, par son caractère trivial, populaire, faussement artistique heurte ma sensibilité d'aristocrate en particulier, offense le goût en général par son aspect clinquant, par ses artifices vulgaires, par ses éclats mensonger, ses bassesses de vue, de forme et de fond. Elle est une atteinte parfaite à la Beauté.
Mon rôle est de dénoncer l'abrutissement ambiant, de détourner les humains-bovins de leurs passions vulgaires, ineptes, de leur désigner des sommets et non des insignifiances.
J'ai pour la publicité un mépris définitif. Si c'est un art, alors c'est l'art de vendre du vent, l'art de tisser le mensonge, l'art de faire rêver les moutons afin de les faire mieux bêler. Il n'y a aucun rapport entre l'Art et la publicité, deux choses résolument incompatibles. L'esthète ne peut éprouver que mépris pour la publicité, oeuvre béotienne par définition.
Je ne fais qu'enfoncer des portes ouvertes ici. Il est bon cependant de rappeler la nocivité de la publicité, expression la plus achevée de la vulgarité, de l'ineptie, de l'abrutissement de masse que certains esprits contaminés par les médias assimilent à l'Art.
719 - Anti-pédophilie : excès et chasse aux sorcières
Il y a vingt ans la pédophilie passait quasi inaperçue. La preuve : Conh-Bendit a avoué sa pédophilie (que je crois réelle, sinon c'est un menteur et je ne fais plus confiance aux écrivains qui s'épanchent dans leurs livres) devant les caméras de la télévision dans une célèbre émission présentée par Bernard Pivot et personne n'avait réagi à l'époque. N'est-ce pas la preuve flagrante qu'il y a des scandales à la mode et des révoltes conditionnées par les médias ?
Il y a trois siècles la torture ne révoltait personne. Aujourd'hui les révoltes sont savamment choisies selon la sensibilité et les besoins du moment. Qui de nos jours est outragé par l'Armée, institution légale où l'on apprend à tuer son prochain avec méthode et adresse, par les abattoirs où l'on assassine encore des chevaux au nom de la gastronomie, etc. ? Qui s'offusque de tout cela ?
Lecteurs, il y a vingt ans vous ne vous seriez pas offusqués de la pédophilie comme vous le faites aujourd'hui, car aujourd'hui vous êtes dans le courant de la pensée ambiante. Et vous le suivez, tout simplement.
Ce qui est grave, car cela signifie que si la dénonciation de la pédophilie n'était pas à la mode aujourd'hui, vous ne dénonceriez pas la pédophilie : elle ne vous gênerait nullement comme elle ne gênait pas grand-monde dans les années soixante-dix.
Comme la plupart des contemporains, votre humanisme ne découle pas de la qualité de votre coeur ni de la beauté de votre esprit, mais du courant de pensée qui vous emporte. En effet, si tel n'était pas le cas vous auriez dénoncé (à contre-courant) les abattoirs ou les boucheries par exemple.
Vous dénoncez la pédophilie comme d'autres défoncent des portes ouvertes. Moi je dénonce l'ineptie de la pensée ordinaire qui consiste à régler la morale universelle sur les textes de loi. Comme si les textes de loi avaient valeur universelle... N'oubliez pas que les textes de loi changent au gré de l'évolution des moeurs, des progrès de la civilisation. Hier la question de la torture ne se posait pas. On appelait cela la "question". Ces pratiques barbares légales étaient admises par tous. Seuls les êtres évolués dénonçaient la torture. Il en est de même aujourd'hui à propos d'affaires qui vous paraissent anodines. Les vrais humanistes ne sont pas toujours ceux qu'on croit. Vous êtes anti-pédophiles parce que les textes de loi vous demandent de l'être.
Par la seule qualité de votre conscience personnelle vous serez d'authentiques anti-pédophiles, et non par obéissance à la loi qui vous demande de l'être ou parce que c'est à la mode, socialement valorisant d'être anti-pédophile et de le montrer.
Et si demain la loi vous demandait d'être de véritable enragés contre les détracteurs de mon espèce ? Vous le seriez.
Rappelons-nous que la pédophilie en elle-même n'a jamais été un crime. Le fait d'être sujet à des pulsions heurtant la morale, à contre-courant des moeurs, et même franchement contre-nature n'est en soi pas répréhensible. Etre né avec la peau blanche ou noire ne constitue pas une offense à la loi, ni à la morale. Il en est de même pour les orientations sexuelles des individus.
Etre pédophile, c'est-à-dire se sentir sexuellement attiré par les enfants, n'est en soi pas une chose illégale ni même immorale, je le répète. Un prêtre peut se sentir profondément pédophile, cela n'a jamais constitué un péché, encore moins un délit. Le pape lui-même peut être foncièrement pédophile (il l'est d'ailleurs peut-être, qui peut vraiment savoir ?), cela ne pose nullement de problème.
Nul n'est responsable de sa sensibilité sexuelle.
Le seul mal n'est que dans le passage à l'acte, et exclusivement dans le passage à l'acte sous quelque forme que ce soit. La loi et la morale ne reprochent pas aux pédophiles d'être des pédophiles, c'est-à-dire d'être nés ainsi, mais seulement le fait de passer à l'acte. La nuance est capitale. Tant qu'il n'y a pas passage à l'acte, n'importe qui peut revendiquer être un pédophile irrécupérable. Personne ne peut reprocher à quelqu'un de se sentir sexuellement attiré par les enfants, de même que personne ne peut reprocher à son semblable de préférer le chocolat à la fraise des bois.
Les prêtres pédophiles, tant qu'ils ne commettent pas de passage à l'acte, demeureront des gens fort recommandables. Leur pédophilie patente, tant qu'elle est contenue sur le plan social et personnel ne me gêne d'aucune manière.
Ne confondons pas pédophilie latente (ou pédophilie contenue) et passage à l'acte, deux choses fondamentalement différentes. Sinon, c'est comme si l'on confondait simple envie de tuer son voisin avec assassinat effectif. Ne lynchons pas la catégorie des pédophiles honnêtes qui, conscients du problème, ne passent jamais l'acte avec l'autre catégorie, les pédophiles sans conscience qui donnent corps à leurs pulsions.
La pédophilie congénitale répétons-le n'est pas un crime. Sinon le fait d'être né bossu, invalide ou attardé mental serait également un crime, et cela justifierait le racisme.
Il y a trois siècles la torture ne révoltait personne. Aujourd'hui les révoltes sont savamment choisies selon la sensibilité et les besoins du moment. Qui de nos jours est outragé par l'Armée, institution légale où l'on apprend à tuer son prochain avec méthode et adresse, par les abattoirs où l'on assassine encore des chevaux au nom de la gastronomie, etc. ? Qui s'offusque de tout cela ?
Lecteurs, il y a vingt ans vous ne vous seriez pas offusqués de la pédophilie comme vous le faites aujourd'hui, car aujourd'hui vous êtes dans le courant de la pensée ambiante. Et vous le suivez, tout simplement.
Ce qui est grave, car cela signifie que si la dénonciation de la pédophilie n'était pas à la mode aujourd'hui, vous ne dénonceriez pas la pédophilie : elle ne vous gênerait nullement comme elle ne gênait pas grand-monde dans les années soixante-dix.
Comme la plupart des contemporains, votre humanisme ne découle pas de la qualité de votre coeur ni de la beauté de votre esprit, mais du courant de pensée qui vous emporte. En effet, si tel n'était pas le cas vous auriez dénoncé (à contre-courant) les abattoirs ou les boucheries par exemple.
Vous dénoncez la pédophilie comme d'autres défoncent des portes ouvertes. Moi je dénonce l'ineptie de la pensée ordinaire qui consiste à régler la morale universelle sur les textes de loi. Comme si les textes de loi avaient valeur universelle... N'oubliez pas que les textes de loi changent au gré de l'évolution des moeurs, des progrès de la civilisation. Hier la question de la torture ne se posait pas. On appelait cela la "question". Ces pratiques barbares légales étaient admises par tous. Seuls les êtres évolués dénonçaient la torture. Il en est de même aujourd'hui à propos d'affaires qui vous paraissent anodines. Les vrais humanistes ne sont pas toujours ceux qu'on croit. Vous êtes anti-pédophiles parce que les textes de loi vous demandent de l'être.
Par la seule qualité de votre conscience personnelle vous serez d'authentiques anti-pédophiles, et non par obéissance à la loi qui vous demande de l'être ou parce que c'est à la mode, socialement valorisant d'être anti-pédophile et de le montrer.
Et si demain la loi vous demandait d'être de véritable enragés contre les détracteurs de mon espèce ? Vous le seriez.
Rappelons-nous que la pédophilie en elle-même n'a jamais été un crime. Le fait d'être sujet à des pulsions heurtant la morale, à contre-courant des moeurs, et même franchement contre-nature n'est en soi pas répréhensible. Etre né avec la peau blanche ou noire ne constitue pas une offense à la loi, ni à la morale. Il en est de même pour les orientations sexuelles des individus.
Etre pédophile, c'est-à-dire se sentir sexuellement attiré par les enfants, n'est en soi pas une chose illégale ni même immorale, je le répète. Un prêtre peut se sentir profondément pédophile, cela n'a jamais constitué un péché, encore moins un délit. Le pape lui-même peut être foncièrement pédophile (il l'est d'ailleurs peut-être, qui peut vraiment savoir ?), cela ne pose nullement de problème.
Nul n'est responsable de sa sensibilité sexuelle.
Le seul mal n'est que dans le passage à l'acte, et exclusivement dans le passage à l'acte sous quelque forme que ce soit. La loi et la morale ne reprochent pas aux pédophiles d'être des pédophiles, c'est-à-dire d'être nés ainsi, mais seulement le fait de passer à l'acte. La nuance est capitale. Tant qu'il n'y a pas passage à l'acte, n'importe qui peut revendiquer être un pédophile irrécupérable. Personne ne peut reprocher à quelqu'un de se sentir sexuellement attiré par les enfants, de même que personne ne peut reprocher à son semblable de préférer le chocolat à la fraise des bois.
Les prêtres pédophiles, tant qu'ils ne commettent pas de passage à l'acte, demeureront des gens fort recommandables. Leur pédophilie patente, tant qu'elle est contenue sur le plan social et personnel ne me gêne d'aucune manière.
Ne confondons pas pédophilie latente (ou pédophilie contenue) et passage à l'acte, deux choses fondamentalement différentes. Sinon, c'est comme si l'on confondait simple envie de tuer son voisin avec assassinat effectif. Ne lynchons pas la catégorie des pédophiles honnêtes qui, conscients du problème, ne passent jamais l'acte avec l'autre catégorie, les pédophiles sans conscience qui donnent corps à leurs pulsions.
La pédophilie congénitale répétons-le n'est pas un crime. Sinon le fait d'être né bossu, invalide ou attardé mental serait également un crime, et cela justifierait le racisme.
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